Cette année, plus qu’une autre, je découvre la passion d’un métier.
Trois ans que j’ai commencé mon activité libérale. La Faculté ne me manquait pas vraiment. Cependant, il me manquait ces discussions, ces questionnements, ces remises en question, cette impression de découvrir des théories ouvrant d’autres visions sur une matière qu’on ne fait qu’approfondir.
J’y avais gardé un petit pied cependant. Des examens, des certificats spécialisés, qui m’ont emmené, sans trop le vouloir à un poste d’Assistant à la Faculté.
Et me voilà donc à me requestionner, à découvrir de nouveaux mondes théoriques, de nouveaux concepts. A me pencher sur des articles scientifiques, à me réinscrire pour des Diplomes Universitaires.
A également partager ce que je commence à maitriser à ceux qui débutent.
Et ma pratique libérale soudain, se rééclaire et s’enrichit. Mes longues journées de travail en cabinet se transforment en plaisir de comprendre, de soulager, d’améliorer, de peaufiner. De mieux gérer des situations qui m’auraient stressé auparavant.
Au niveau professionnel, mes collaborateurs me voient différemment, plus en spécialiste. Passent plus de temps à me questionner. La confrontation de points de vues, les anciennes écoles, les regards neufs. C’est assez excitant au final.
Je crois donc que c’est ça la passion. Une forme d’accomplissement, désintéressé. Une envie, un élan qui vous pousse à aller plus loin, à vous améliorer et comprendre le pourquoi du pourquoi.
Cet après-midi, du coup, j’ai passé plusieurs heures à parler avec un ancien meilleur ouvrier de France, dans notre spécialité. Avec un passionné. Un créateur aussi. Ce fut enrichissant.
Il a créé ses propres outils pour aider notre profession, à la faire progresser. De l’artisanat au médical, la prothèse est passionnante. J’ai le plaisir de pouvoir travailler avec lui au quotidien. De partager mes difficultés, à trouver des solutions, et encore une fois, à renforcer mes connaissances pratiques.
Théorie, pratique, pratique, théorie. Cet aller-retour incessant, le cerveau guide la main, la dextérité n’aide plus qu’à mettre en oeuvre le projet. C’est exaltant. Avec un seul objectif, le bien-être du patient et la réussite de notre travail.
Le mardi est mon seul jour de repos de la semaine. Je continue pourtant à me consacrer à cette passion qu’est devenue mon métier. Et ça m’étonne moi-même.